Action de la nicotine sur le cerveau

Comment agit la nicotine ?


La nicotine, comme toutes les autres drogues qui impliquent une dépendance, augmente la libération de dopamine. Les cellules du cerveau communiquent entre elles grâce à des neurotransmetteurs, la dopamine en est un.

Dans l’organisme, elle participe à :

  • la motricité
  • l’attention,
  • la motivation,
  • l’apprentissage
  • la mémorisation.
  • les comportements d’approche (action ou déplacement orienté vers un but)

Elle agit sur les circuits de la récompense ou circuit du plaisir. Le circuit de la récompense, ou circuit du plaisir, est un ensemble de structures dans le cerveau qui indique l’état physique et psychique dans lequel le corps se trouve. Une augmentation de la quantité de dopamine dans ces structures entraîne une sensation de plaisir et de bien-être, même si la personne souffre d’une douleur physique ou morale.

Où ?

Les régions du cerveau concernées par le circuit du plaisir sont les plus affectées par les drogues. Le noyau accumbens joue un rôle très important dans les circuits du plaisir. Son fonctionnement repose principalement sur la dopamine.

Mais le noyau accumbens ne vit pas en autarcie, c’est-à-dire séparé du reste du cerveau.  Son action est liée à d’autres centres du cerveau :

Le locus coeruleus, centre d’alarme du cerveau, est stimulé par les circuits du plaisir. En période de manque, c’est celui qui pousse à le recherche d’une nouvelle dose.

L’amygdale, change la perception de différents éléments après la prise de drogue. C’est ce qui donne au fumeur l’impression que « tout va bien ».

L’hippocampe est la partie qui s’occupe de la mémoire. Elle va permettre la conservation de souvenirs agréables de la période de prise de drogue. Une fois que le toxicomane aura arrêté, ces souvenirs sont ce qui risquent éventuellement de le faire « rechuter » en éveillant l’envie de recommencer. Ce risque reste à vie.

Le circuit du plaisir peut être modélisé de la façon suivante :

Il existe des neurotransmetteurs qui stoppent ou ralentissent la production de dopamine, pour diminuer l’intensité des émotions, comme :

  • Le neurotransmetteur GABA (acide γ-aminobutyrique, C4H9NO2), qui agit en partie contre l’épilepsie, le stress etc…
  • Le neurotransmetteur Enképhaline, celui libéré lors d’une forte douleur, et qui a pour but de diminuer la sensation douloureuse.

Mais il existe aussi des neurones qui activent et amplifient la libération de dopamine, et ce sont sur ces neurones qu’agissent les drogues. Or toutes les drogues ne provoquent pas de la même façon l’élévation du taux de dopamine dans le cerveau :

  • certaines substances imitent les neuromédiateurs naturels et donc se substituent à eux dans les récepteurs ; la morphine, par exemple, s’installe dans les récepteurs à endorphine
  • certaines substances augmentent la sécrétion d’un neuromédiateur naturel ; la cocaïne, par exemple, augmente surtout la présence de dopamine dans les synapses.
  • certaines substances bloquent un neuromédiateur naturel ; par exemple, l’alcool bloque les récepteurs nommés NMDA.

La nicotine se situe dans la première catégorie.

Elle imite l’action d’un neurotransmetteur naturel, l’acétylcholine, et se fixe sur un type de récepteur appelé récepteur nicotinique.
Cette réaction se passe dans l’air tegmentale ventrale.

Lorsque l’acétylcholine est libérée dans la fente synaptique, les récepteurs nicotiniques vont s’ouvrir en un canal dit « ionique » car il va laisser passer les ions Na+ dans le neurone dopaminergique.

Le principe est le même avec de la nicotine, elle va stimuler le récepteur artificiellement, sans le message donc du neurone acétylcholine.

La stimulation du neurone dopaminergique va donc envoyer de la dopamine vers le cortex pré-frontal. Mais elle va aussi passer par le noyau accumben, tout en stimulant aussi le locus coeruleus. Voici comment la nicotine a agit sur la majorité des parties du cerveau appartenant au circuit du plaisir, et donc responsables de la dépendance.

Après une brève période d’abstinence (une nuit de sommeil par exemple) la concentration de nicotine dans la fente synaptique redescend et permet à une partie des récepteurs de retrouver leur sensibilité à l’acétylcholine. Pour les fumeurs de longues dates, le retour de tous ces récepteurs à un état fonctionnel devient anormal pour le cerveau et les neurotransmetteurs (la dopamine), le fumeur éprouve alors de l’agitation et de l’inconfort qui le conduit à fumer une nouvelle cigarette.

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